Entre deux affaires, on prend des notes. Méthode, tendances, prises de position : ce que le studio pense du design, versé au débat public.
Grille Bento d'un côté, néo-brutalisme de l'autre. Deux langages d'interface, deux visions du monde. Choisir n'est pas une affaire de goût : c'est une affaire de message. La forme suit le propos, pas la tendance.
Le joli est devenu gratuit, le slop visuel est partout. Ce qui devient rare, c'est le jugement : savoir pourquoi cette version vaut mieux qu'une autre, et le défendre. L'IA ne supprime pas le métier, elle supprime l'alibi.
Tout bouge à l'écran, sauf la marque. Une identité pensée pour l'impression ne parle pas la langue de l'interface. Ce que le mouvement ajoute : une personnalité, une mémorisation, une grammaire. Et la discipline qu'il exige.
Le minimalisme glacé a tout nettoyé, y compris ce qui rendait chaque marque reconnaissable. Place au warm minimalism : on garde la structure, on ramène la chair. Sobre ne veut pas dire froid.
L'IA est entrée dans l'atelier et elle explore vite. Mais elle ne sait pas pourquoi une version vaut mieux qu'une autre. La direction artistique, elle, ne se délègue pas.
Un site lent n'est pas ambitieux, il n'est pas fini. La vitesse de chargement n'est pas un détail technique : c'est un choix éditorial, un acte de respect et, désormais, un argument de marque.
Le client arrive avec sa solution avant d'avoir posé son problème. Un bon brief ne se remplit pas, il se conduit. Les cinq questions qui extraient le vrai sujet avant la moindre idée.
L'IA a rendu le lisse gratuit. Ce qui se paie désormais, c'est la main, le point de vue, l'imperfection assumée. Enquête sur la fin de la perfection comme argument.
On vous a vendu un symbole. Mais une marque, c'est ce qui reste quand on retire le logo. Petite enquête sur ce qui tient vraiment dans le temps.
Instruction en cours — d'autres chroniques à venir